|H.e.d.o.n.i.h.i.l.i.s.m.e|

Ca rend sauvage, l'écriture. On ne peut pas écrire sans la force du corps. Il faut être plus fort que soi pour aborder l'écriture, il faut être plus fort que ce qu'on écrit. Marguerite Duras.

mardi 18 mars 2008

|E.n.u.c.l.é.e|

 

Un jour, j'ai écrit :
« Admiration sans émulation, je peindrais bien toutes tes lettres au feutre fluorescent. Ton émouvant talent ébranle l’Olympe de mes chimères : par l’écho naît la troisième dimension, l’étoffe, et le velours. »


Ce crépuscule encore, c’est en lisant Lui que les mots, que certains mots, enfin ont surgi.

What_remains_of_beauty___by_Violator3

 [What remains of beauty, by Violator3]

*

Œil subreptice grandit, grandit derrière le verre ; il sait que tu ne pourras pas, pour ça l’œil rit, rit, à ta face décharnée.
L’enfant court pieds nus à travers la pièce, sur le lit se jette, là, dans les draps s’enroule frénétique. Il tremble, il respire le plus fort qu’il peut, il écoute l’air, l’air entrer dans ses poumons. Le silence est vaincu, l’angoisse ? Pas encore. Tu n’es plus une enfant, toi, tu te tournes, dos à l’œil, les os à découvert : le regard que tu fuis, cet iris aiguisé, s’enfonce, lentement, dans ta peau blessée, car lui, as-tu oublié ?, lui te voit, et lui sait.

« J’ai besoin d’avoir un public » disais-tu, les yeux baissés, parmi mille prunelles, oui, celles-ci se perdent : s’éteignent-elles ?

Belle martyr, vos beaux yeux ne me feront pas mourir. Ta peau est molle, tes seins douillets. Tout entier ton corps se tend, se tord, vers mes crocs, et j’aime, j’aime, oh, tellement, caresser ta nuque du bout des dents. Délicieuses lèvres murmurent des pardons, chère, oublie donc le salut, veux-tu ?, dans toute cette poussière, en quoi encore peux-tu croire ?

Assieds-toi là, tendre, je te laisserai sourire, nous parlerons en vers, oui, un à un, ils tomberont de ta bouche, mourront à nos pieds. Assieds-toi là, pauvre idiote, parlons enfin, d’amour et d’abîme, d’amants qui abîment.

Je te connais si bien, si bien, tu n’as jamais voulu apprendre. Je voulais danser pour toi, libérer ta gorge, tes mots sales et tes sanglots m’ont fait menace pesante, ombre omnisciente.

Une fois, deux au plus, tu as crié : seule, tu ne peux fermer ces paupières translucides,
seule, tu as peur de l’être.

Mais moi je suis là, toujours là, n’est-ce pas ce que tu voulais ?


Posté par momoshi à 21:37 - ~Mots d'amour [2] - Permalien [#]

Commentaires

    J'ai pleuré tout le long et dix minutes après,je pleure encore d'avoir lu...Est-ce normal?...

    Posté par Carmila, mercredi 19 mars 2008 à 00:47
  • Si beau.

    Je souris.
    C'est la peur d'écrire, qui m'a retenue, et me retient toujours. Les mots se bousculent et fourmillent le long de mes doigts, mais rien ne coule. La peur de ne plus savoir. J'ai tellement changé. Et je l'ai trop peu écris. La peur de ne pas être reconnue, d'apparaitre autre, aussi. Mais ça viendra, je le sens et l'espère, surtout.
    Je t'embrasse.

    [Msn, tout ça, c'est pas trop moi. Une peur sous-jacente encore. Des devoirs illusoires ou non. Craintive, toujours. Mais je tenais à te le dire =).]

    Posté par Ichigo, jeudi 20 mars 2008 à 23:44

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